La Forteresse de Mimoyecques, également appelée « le site du canon de Londres » est l’un des édifices les plus impressionnants imaginé par Hitler. Située à quelques kilomètres du site des « 2 Caps » sur la commune de Landrethun-le-Nord, cette construction entièrement souterraine était prévue pour y installer « le super canon V3 ».

L’histoire de la Forteresse de Mimoyecques

Comme toutes les armes de représailles, le V3, canon à charges multiples, devait bombarder l’Angleterre, plus précisément Londres. Cette base secrète de la Seconde Guerre Mondiale avait pour noms de code « Wiese » (prairie) et « Bauwerk 711 » (site de construction 711). Elle a été mise en place du printemps 1943 à l’été 1944 par plus d’un millier d’hommes, notamment une main-d’œuvre forcée aux origines très diverses.

Un vaste réseau de galeries a été creusé desservant ainsi cinq puits de tirs de cinq canons chacun. Ces canons étaient censés envoyer 1500 obus par jour. Un site jumeau aurait dû également voir le jour, portant le nombre de projectiles envoyés à 3000 par jour.

Malgré de multiples bombardements, ce n’est que le 6 juillet 1944 que le cœur de l’ouvrage sera atteint, la Forteresse sera bombardée par des bombes d’un genre nouveau : les bombes Tallboy. L’opération menée par le 617ème escadron de la Royal Air Force sous le commandement de Leonard Cheshire mettra ainsi fin à une grande menace pour tous les Londoniens.

Tout le travail de construction sera abandonné quelques semaines plus tard, juste avant l’arrivée de l’armée Canadienne le 5 septembre 1944.

Après plusieurs rapports d’inspection et sur les ordres de Churchill, la Forteresse sera dynamitée en Mai 1945 pour qu’elle ne puisse plus à l’avenir être à nouveau utilisée comme base militaire.

La Forteresse aujourd’hui

La Forteresse a été ouverte en 1984 comme musée par des propriétaires privés. Elle sera ensuite acquise en 2008 par le « Conservatoire des Espaces Naturels du Nord et du Pas-de-Calais ». Après une période de travaux, le site sera de nouveau ouvert au public en 2010.

Six mois dans l’année (de la mi-avril à la mi-octobre) la « Communauté de Communes de La Terre des 2 Caps » est en charge de l’accueil touristique pour la partie historique. Le restant de l’année, la Forteresse ferme entièrement ses portes au public pour laisser les chauves-souris hiberner en toute quiétude…

Quand la nature rejoint l’Histoire

Creusée dans le massif crayeux du nord du Boulonnais, la Forteresse de Mimoyecques est un lieu de mémoire mais également un site naturel remarquable dans le Nord Pas-de-Calais. L’entrée de la forteresse est entourée par un large front de taille pouvant atteindre par endroit 20m de hauteur. A l’œil nu, on peut observer différentes couches de roches (craies, silex, marnes, etc.) qui dévoilent l’histoire de la région, il y a 88 millions d’années, quand la mer la recouvrait.
Jusqu’à 500 chauves-souris recensées sur le site
Les souterrains, fréquentés chaque hiver par près de 350 chauves-souris constituent l’un des plus importants sites d’hibernation au Nord de Paris. Sur les 22 espèces connues dans la région, dix y sont observées en régulièrement période d’hibernation. Quatre d’entre elles sont particulièrement remarquables : le Murin des marais, le grand Rhinolophe, le Murin à oreilles échancrées et le grand Murin.
Les chauves-souris trouvent les conditions favorables à leur hibernation grâce à la fermeture du site l’hiver : tranquillité, humidité, température stable (10 à 12°C).
Ce patrimoine naturel remarquable est à l’origine du classement du site comme Réserve naturelle régionale. Propriétaire et gestionnaire, le Conservatoire d’espaces naturels du Nord et du Pas-de-Calais œuvre pour préserver ce patrimoine unique.
La valorisation touristique assurée par la Terre des deux caps permet aux nombreux visiteurs de découvrir à la fois le riche passé du site et son patrimoine naturel.